Syndicat UNSA des Territoriaux de la Métropole Aix Marseille Provence
Article paru ce Samedi 3 Octobre dans " LA PROVENCE ".
LP : Comment analysez-vous la démarche de Maryse JOISSAINS créant la Métropole aixoise ?
SB : Elle est contraire à l’article L.5210.2 du code général des collectivités territoriales. C’est un problème de fond. Une commune qui appartient à un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre ne peut faire partie d’un autre établissement. Or, Aix et sa communauté de communes sont dans la Métropole Aix-Marseille Provence selon la Loi du 7 Août 2015 et son décret d’application du 28 Août.
LP : Que vous a répondu Maryse JOISSAINS ?
SB : Elle m’a répondu ne pas partager le même sentiment juridique. Elle connait la Loi, mais est dans une démarcher politique. En tant que préfet, je respecte toutes les opinions politiques. Mon rôle est de dire le Droit. En l’occurrence, elle n’a pas droit de créer cette Métropole.
LP : Au-delà de dire le Droit, quels moyens de coercition avez-vous à disposition ?
SB : La Maire d’Aix va me faire une demande de création. Je lui dirai non. Le climat semblait s’est apaisé autour de la Métropole. C’est reparti.
LP : Vous attendiez vous à de tel difficultés en arrivant ici ?
SB : Mon expérience des régions à forte identité, Corse et Alsace, m’a apporté des débats qui y ressemblent et fait rencontrer des élus croyant que travailler avec les autres va nuire à leur terroir. C’est humain. Mais dans la concurrence des Métropoles Internationales, si on ne se bat pas, on diminue et on disparait. L’Intérêt de la Métropole, c’est sa vision stratégique face à Lyon et Paris, Barcelone, Milan ou Alger. On est dans la cour des très grands. Cela nécessite une cohérence entre Marseille et les villes moyennes et rurales.
LP : Les Maires craignent d’être dissous dans la Métropole… ?
SB : Ce ne sera pas le cas. Se regrouper, c’est avoir plus de moyens pour soutenir les identités territoriales. On connait les cultures romaine ou grecque, ouvrière, rurale ou touristique de cette aire. Les communes ne vont pas disparaître en entrant dans la Métropole. Les conseils de territoire les y aideront jusqu’en 2020. En s’unissant, elles renforceront leurs infrastructures pour attirer les entreprises et le tourisme. Je vois que les Maires demandent des vice-présidences. Cela prouve qu’ils commencent à y croire.
LP : Ils craignent également de devoir payer pour Marseille…
SB : Le gouvernement a prévu une dotation de 50 millions d’euros pour démarrer. Un milliard d’euros vont être débloqués dans la Loi de Finances initiale. La Métropole aura pour sa part. Il y aura aussi le pacte fiscal de solidarité. Voyons ensuite quelles seront les priorités, les projets que la Région et l’Etat pourront aussi appuyer.
LP : La Métropole est pour janvier et le grand public ne voit rien venir de concret. Ne faut-il pas s’inquiéter ?
SB : La Loi a été votée cet été. Les services travaillent pour que la machine soit opérationnelle le 1er janvier. Elle le sera. Les agents et les fournisseurs seront payés. Lundi, nous donnerons un mode d’emploi aux élus, puis nous éditerons un fascicule pour le grand public. Je pense que ça va marcher.
Propos recueilli par François TONNEAU